SKYTRAIL : JE NE SUIS PAS VENU CHERCHER UN CHRONO. JE SUIS VENU CHERCHER DES RÉPONSES.

L’aventure trail du 06 septembre

23 km — 2 000 m D+ — 5 h 15 d’effort
154e sur 165 arrivants — 17e Master

Le 6 septembre, j’ai pris le départ du SkyTrail Terre de Running Albertville.

23 kilomètres.
2 000 mètres de dénivelé positif.
Une montagne exigeante, technique, parfois rude.

Je savais que ce serait difficile.

Mais je ne savais pas encore exactement ce que cette course allait m’apprendre.

Et finalement, c’est probablement pour cela que j’avais envie de la faire.


Je vais être honnête : j’ai souffert.

Je ne vais pas transformer cette course en belle histoire de dépassement de soi où tout se serait déroulé comme prévu.

Ce serait faux.

J’ai rencontré mes limites.

Pas forcément sur le plan cardiovasculaire.
Pas forcément non plus sur ma capacité à durer.

Mais j’ai clairement constaté une faiblesse : ma capacité à produire et maintenir de la force lorsque l’effort se prolonge et que la fatigue musculaire s’installe.

Dans les montées, j’ai dû gérer.

Marcher efficacement dans les passages les plus raides. Trouver mon rythme. Accepter de ne pas pouvoir toujours relancer.

Et puis il y a eu les descentes.

Là encore, j’ai observé quelque chose.

Quand la fatigue augmente, ce n’est pas seulement la vitesse qui diminue. C’est la capacité à utiliser ses jambes efficacement, à absorber le terrain, à stabiliser, à relancer.

La mécanique devient moins efficace.

La vitesse devient plus irrégulière.

Et progressivement, chaque mouvement coûte davantage.


À un moment, j’ai pensé : « Je ne suis pas au niveau. »

Cette pensée est venue.

Et je crois qu’il faut aussi savoir le dire.

Parce que lorsqu’on pratique un sport depuis longtemps, lorsqu’on entraîne les autres, lorsqu’on parle de performance et d’endurance, on peut facilement tomber dans le piège de vouloir donner l’image de celui qui maîtrise.

Mais l’expérience sportive ne fonctionne pas comme ça.

Elle nous confronte régulièrement à quelque chose que nous préférerions parfois ne pas voir.

Nos limites.

Alors oui, pendant cette course, j’ai pensé que je n’étais pas au niveau.

Mais avec un peu de recul, je crois que cette phrase était incomplète.

Je n’étais peut-être simplement pas au niveau de cette épreuve, aujourd’hui, avec les qualités physiques que j’avais développées jusqu’ici.

Et cette nuance change beaucoup de choses.


5 h 15 pour comprendre

Je termine en 5 h 15.

154e sur 165 arrivants sur la distance.
17e Master.

Ce ne sont pas des chiffres qui font rêver.

Mais ce n’est pas grave.

Parce que je n’étais pas venu chercher un classement.

J’étais venu expérimenter.

Et pendant plus de cinq heures, mon corps m’a donné énormément d’informations.

J’ai observé ma capacité à durer.

J’ai observé ma gestion de l’effort.

J’ai observé ce qui se passe lorsque la fatigue musculaire devient progressivement plus importante.

J’ai observé ma façon de monter.

De descendre.

De relancer.

De marcher.

De courir.

Et surtout, j’ai observé ce qui se dégrade lorsque je reste longtemps dans l’effort.

C’est là que cette course devient intéressante pour moi.


Mon endurance n’est pas le problème. Elle doit maintenant être mieux soutenue par ma force.

C’est probablement le principal enseignement de cette expérience.

Je peux durer.

Mais durer ne suffit pas.

Pour être performant sur une longue distance, il faut être capable de produire de la force encore et encore.

Il faut pouvoir pousser dans une montée après plusieurs heures d’effort.

Il faut pouvoir encaisser une descente sans perdre complètement son efficacité.

Il faut pouvoir relancer.

Et recommencer.

Puis recommencer encore.

C’est ce que j’appelle aujourd’hui l’endurance de force.

Et c’est précisément là que je veux maintenant travailler.


Changer le programme pour changer le résultat

Cette expérience va donc modifier mon entraînement.

Pendant les prochains mois, je vais volontairement mettre la force au premier plan.

Pas pour devenir plus fort « sur le papier ».

Mais pour construire une capacité utilisable.

Bas du corps

Développer la force des jambes, des hanches, des mollets, la stabilité et la capacité à répéter les efforts.

Haut du corps

Parce que la Marche Nordique n’est pas simplement une affaire de jambes.

La poussée, le gainage, le maintien du tronc, les épaules, les bras et la capacité à transmettre la force font partie intégrante de la performance.

Puis l’endurance de force

C’est là que les choses deviendront vraiment intéressantes.

Être capable de produire de la force une fois est une chose.

Être capable de la produire après une heure, deux heures, trois heures d’effort, en est une autre.

Et c’est cette capacité que je veux construire.


Et ensuite, la Marche Nordique

Parce que mon objectif n’est pas de devenir un meilleur trailer.

Le trail est pour moi un laboratoire.

Mon objectif reste la Marche Nordique.

Je veux revenir progressivement à mon meilleur niveau, retrouver le N4, puis aller chercher davantage.

Et surtout préparer les Championnats de France Longue Distance sur 18 km en avril 2027.

Mais je ne veux pas simplement courir plus vite.

Je veux comprendre pourquoi je cours moins vite lorsque la fatigue arrive.

Et surtout apprendre à retarder ce moment.

La force construite cet automne devra ensuite être transformée en :

poussée → endurance de poussée → relances → maintien de la vitesse → performance sur 18 km.


Cette course m’a rappelé pourquoi je pratique le sport.

Je pourrais regarder le classement et me dire :

154e sur 165. Ce n’est pas terrible.

Je pourrais aussi regarder uniquement ma performance et chercher ce que j’ai raté.

Mais ce serait passer à côté de l’essentiel.

Cette course m’a permis de comprendre quelque chose sur moi.

Et c’est exactement ce que je cherche dans ma pratique sportive.

Je ne veux pas seulement accumuler des kilomètres.

Je veux expérimenter.

Observer.

Comprendre.

Puis partager.

Avec les marcheurs nordiques que j’accompagne.

Avec les trailers.

Avec les personnes qui veulent développer leur endurance.

Mais aussi avec tous ceux qui découvrent que le sport peut être bien plus qu’une recherche de performance.


Je ne cours pas seulement pour performer. Je cours pour comprendre.

Cette phrase prend encore plus de sens aujourd’hui.

Parce que parfois, une expérience qui ne ressemble pas à une réussite sur le papier est précisément celle qui nous apporte le plus d’informations pour la suite.

Le SkyTrail ne m’a pas montré que je n’étais pas capable.

Il m’a montré ce qu’il me reste à construire.

Et ça, finalement, c’est une excellente nouvelle.

La prochaine étape est claire :

Construire la force.
Développer l’endurance de force.
Apprendre à la conserver sous fatigue.
La transférer ensuite vers la Marche Nordique.
Et voir jusqu’où cela peut m’emmener sur 18 km.

Je ne sais pas encore quel sera le résultat en avril 2027.

Mais je sais déjà une chose :

je vais apprendre beaucoup de choses en chemin.

Et c’est probablement cela qui m’intéresse le plus.

EXPÉRIMENTER.

COMPRENDRE.

TRANSMETTRE.

Le terrain de jeu continue.

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